1998
La première chose à faire, c’était d’annoncer au monde la venue du Messie. Les usages – même si tout le monde s’en foutait – devaient être respectés, surtout par Dieu, qui avait quand même passé on ne sait trop combien de temps à les inventer. Le tout était de trouver la personne qui aurait l’insigne honneur de porter en son sein le prodige. Dieu se fit apporter son annuaire des candidates possibles à la maternité, et dénicha la perle rare ; une certaine Elisabeth, qu’effectivement il connaissait bien. “ En plus, ça va lui faire les pieds ”, se dit Dieu, qui avait tendance à sombrer dans la vulgarité de plus en plus facilement. Il ne restait plus qu’à leur annoncer la nouvelle, et ce serait bon. En gros, il fallait trouver Gabriel.
"Ce vieux poivrot doit encore être en train de finir le vin de messe, comme d’habitude", pensa amèrement Dieu. Il en était lui aussi un grand amateur, et à chaque fois, son stock entier, fraîchement renouvelé, était pillé par ce trou sans fond – ce qui, pour un trou, semble au premier abord peu logique, mais je vous rappelle qu’on est au Paradis ici, et puis en plus Einstein était même pas né (rapport ?), alors je vous demande de bien vouloir considérer que les lois physiques régissant Ce Céleste Royaume ne sont pas les même que sur terre, et puis je vois pas pourquoi je vous dis tout ça, alors que vous en avez rien à foutre – et Dieu, fort marri, était contraint par sa grande mansuétude à pardonner, dans sa bonté infinie. "Encore une connerie que je regretterais."
Il soupira (un truc qui L'avait toujours embêté, c’est qu’avec les majuscules au début des phrases, on s’aperçoit même pas qu’on Lui en met d’office) et Se téléporta dans Sa cave (à vin) où, effectivement, se trouvait Gabriel.
"Mon ange, j’ai une mission à te confier.
– Moui ? Encore une bigote à engrosser ? Je suis pas inséminateur artificiel spécialisé, moi ! J’en ai marre d’injecter du Saint-Esprit à tout bout de champ ! Je pourrais pas me payer un petit dragon, non ? A chaque fois, c’est toujours pareil, c’est Mimi (NDA: Michel, pour ceux qui ne l'aurait pas reconnu) qui rigole, et bibi, lui, il va trouver des nanas qu’elles sont tellement accros à toi, mon vieux, que ça me débecte. Alors, j’en ai marre. Tiens, j’ai bien envie de faire une petite chute, hein, ça t’arrangerait pas, ça hein ?
- Bon. T’as fini ?" Cette scène se répétait souvent – en fait, dès que Gabriel devait accomplir un travail, quel qu’il soit – et Dieu savait prendre Gabriel par les sentiments.
"Tu sais ce qui va se produire si tu n’y va pas ?
- Oui, gémit Gabriel. Mais je préférerais tuer des dragons.
– Je suis bien d’accord, mais sans vin de messe, tu ne pourras plus faire grand-chose.
– Bon, je le ferais. Qui est la ‘cible’ ?
– Elisabeth, femme de Zacharie. T’annoncera la nouvelle au père, au temple.
- Bien, chef." Gabriel, après un bref salut, et après avoir rajusté son auréole sous le regard critique de Dieu, s’éloigna en volant à-peu-près droit. Ledit Dieu, ayant un soudain regret et aussi se rendant compte avec précision de l’état d’ébriété de son messager, voulu lui demander d’éviter de faire encore des bêtises, mais finalement il s’abstint. "Advienne que pourra, et puis de toute façon, il ne l’avait pas volé", pensa Dieu, qui parlait là au passé d’un acte futur (attention, paradoxe temporel de daube en cours) grâce à sa fameuse omniscience – on n’en fera jamais assez état - lequel acte vous verrez sous peu relaté sous vos yeux zébahis, chers lectrices et lecteurs, ce qui, j’en suis sûr, calmera momentanément les palpitations d’angoisse qui vous étreignent actuellement, sensibles que vous êtes à un suspense si subtilement organisé. (attendez, je reprends mon souffle une minute. […]. Voilà. On peut repartir, dans le bonheur et dans la joie.)
Après un voyage légèrement chaotique, Gabriel était arrivé en vue du temple. Par bonheur, c’était au tour de Zacharie d’aller voir à l’intérieur si Dieu y était. Dieu y était pas, et pour cause, mais par contre, il fut quelque peu surpris de voir un ange passablement éméché en train de farfouiller dans la réserve de vin pour les cérémonies. Il s’agenouilla, l’air en extase, mais sa perplexité n’échappa pas à Gabriel.
"Zacharie ! dit celui-ci.
- Oui, ô seigneur ? Que me veux-tu ?
- Tu vas avoir un chiard.
- Un quoi, seigneur ?
- Un chiard, un moule, un gosse, quoi ! Par ordre divin, etc, etc.
- Mais, seigneur, ma femme, Elisabeth, elle est stérile.
- Et alors ? Tu oses douter de la puissance de Dieu et de son archange Gabriel ? (l’un des seuls défaut de Gabriel, c’est que parfois il avait tendance à se faire mousser inconsidérément.) Ton moule, tu l’appelleras Jean le Baptiste, oui, je sais, ça fait bête, mais c’est pas moi qu’ai choisi, et il aura une grande renommée plus tard, et il sera prophète, et il ramènera plein de brebis égarées.
- Pardon ?
- Le texte est pas de moi. Et puis en plus, il boira pas, et il sera rempli de l’Esprit-Saint, et en plus il baisera pas.
–Hein ? Bon, ça fait rien. Je prierai tous les jours le Seigneur en remerciement de tous ses bienfaits. Tiens, d’ailleurs, avant que vous partiez, y’a quand même un truc que je voudrais vous demander : vous avez dit que vous étiez un Archange, mais si je me souviens bien, vous ne faites pas partie de la liste officielle ?"
Zacharie regarda Gabriel, et il sut qu’il avait fait une erreur. Un des autres défauts de Gabriel, c’était qu’il aimait pas être pris en flagrant délit de moussage. Une lueur belliqueuse s’alluma dans ses yeux.
"Tu sais quoi ? J’ai l’impression que tu vas être muet jusqu’à la naissance de ce gniard, histoire de t’apprendre à être poli avec les anges.
- Mais, seigneur, je me suis mal exprimé !
- Ben justement ! Ta gueule !
- …" Horrifié, le prêtre – vous avais-je dis que Zacharie était prêtre ? – s’en alla, laissant un Gabriel furieux.
Dieu regardait ça d’un air navré. Puis il se téléporta jusqu’à Elisabeth, qui ne cachait pas sa joie, d’abord d’avoir un fils, mais aussi du fait que son mari était condamné à être muet pour au moins neuf mois, ce qui l’arrangeait bien, vu qu’elle avait un certain nombre de soirées en retard avec ses copines, et elle comptait bien profiter de l’acquiescement plus que certain de son mari pour faire la rumba. " Mais pour vous remercier, Seigneur ", dit-elle. Alors Dieu se dit que 1 : il avait fait le bon choix, et que 2 : on ne pouvait vraiment plus se fier aux registres. Il décida de partir à la recherche de la mère de son fils (oui, je sais, ça à l’air bizarre comme ça, mais bon, on n’est pas là pour expliquer la Trinité, et pourtant Dieu sait – forcément il est ??? Omniscient ! Bien, je vois que ça rentre – que c’est rigolo.)
Il hésitait. Lui, le créateur de toutes choses, hésitait. Quelle mère donner à Jésus ? Une prostituée ? Une maquerelle ? Bref, une femme de mauvaise vie, ça oui, mais laquelle. Grave problème, et j’espère que vous en êtes conscient, bande d’inculturés qui n’avez jamais eu à prendre de pareilles décision. Oui, moi non plus, mais c’est pas la même chose, d’abord, et pis si vous êtes pas contents, zavez qu’à pas lire.
Se décider lui pris bien cinq jours. Finalement, il se décida pour une obscure prostituée du nom de Babette, qui résidait dans un trou perdu de la terre promise, appelé Nazareth. Non seulement ça sera bon, mentalement parlant, mais en plus, vu le climat là-bas, son fils allait revenir bronzé comme un dieu (grec, attention, faut pas tout confondre.) Le seul obstacle était, une foi (ah, ah, très drôle) de plus, de convaincre Gabriel de la nécessité vitale de sa mission. Mais ce fut plus facile que prévu. Gabriel, dès qu’il eut entendu le nom de sa destination, se remémora avec émotion et gratitude l’existence d’une petite auberge qui servait un vin pas piqué des vers dans la région, et il se promit d’aller y faire un tour.
Le problème, c'est qu'il y alla avant de faire sa visitation (terme officiel agréé par l'Eglise, on fait ce qu'on peut.) Dieu, qui s'y attendait mais n'y pouvait rien - il avait pris la ferme résolution de laisser faire le hasard, ou alors l'ineffabilité, il ne savait plus très bien, dans cette affaire - assista, impuissant, à l'errance de Gabriel dans les rues pourtant peu nombreuses de Nazareth, la perle de la Galilée inférieure, où le soleil brille et les vahinés ont de gros nénés, olé olé.
Ce qui fait qu'évidemment, Gabriel, au lieu de pénétrer dans l'antre de débauche de Babette - ce qui n'aurait pourtant pas manqué de piquant, elle était justement en train de divertir un client, et l'apparition d'un ange paf certes mais un ange tout de même n'aurait pas nuit à son image de marque, loin de là. Le monde est plein de regrets. Toujours est-il que Gabriel se trompa, de peu en numéro d'immeuble mais de beaucoup en matière de femme. Il déboucha, hagard, chez une certaine Marie, chez qui la bigotterie la plus infâme se mêlait de la fidélité la plus insultante envers son mari, qui, lassé, était allé voir à côté si jamais la gentille petite dame aurait des fois pas besoin d'une nouvelle poutre à son plafond. Précisons que Joseph était menuisier, ce qui ne manque pas de rajouter une certaine saveur à cette métaphore toute en finesse. (Bon, on va s'arrêter là.) Et Gabriel de commencer : "Réjouis-t-t-t-toi, P-p-p-putain de Bab-babylone, y'a Dieu qui veut niquer." A ces mots, elle fut très troublée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation (attention, là, je cite tel quel, Luc 1, 29, quel talent, nom de Lui. Euh, Dieu.) Il faut signaler, pour sa défense, que Gabriel savait quelle était la profession de Babette, et donc il ne prenait pas de gant et enjolivait une admonition déjà malheureusement calibré pour un autre type de femme. Il poursuivit, inspiré : "Ai pas peur, ma cochonne, Dieu qu'il est tout gentil tout mignon tout plein, et qu'il va te faire un fiston vite fait bien fait, que tu l'appellera Jésus, et là y'a des trucs de famille avec Machin, là, David, et tout ça, mais je vais pas t'emmerder avec ça.
- Mais, je suis vierge !!" Le soupçon rampait dans l'esprit de Gabriel. Heureusement, comme chez lui l'esprit était séparé du corps, ça le gênait pas du tout. "Le Saint-Esprit, i va te couvrir, tu sais, comme pour les vaches, et pis aussi tu pourras aller voir l'autre, là, Elisabeth, que Dieu il l'a arrondie pour montrer sa puissance et tout et tout.
- Je suis la servante de Seigneur", dit Marie, toujours aussi dévote. Bon, les formes la choquaient un peu, mais elle avait entendu pire, quand elle était allé une fois avec sa copine espionner les hommes au cabaret alors que ceux-ci innocemment faisait un concours de blagues grivoises et de celui qui arriverait à pisser par dessus le mur. (le problème était qu'elles se trouvaient justement derrière le mur, et qu'il y en a eu au moins trois qui y étaient arrivés. Après, pour expier ses péchés, Marie était allée tout raconter au temple, histoire de pouvoir revoir le prêtre, sacrément mignon (personne n'est parfait). Quand celui-ci apprit l'affaire, il craignit tout d'abord que Marie ne reconnaisse sa voix, puis, une fois rassuré, sous prétexte d'aller réprimander ces pécheurs, retourna au cabaret pour raconter l'histoire du mur et de... enfin, bref, à tout le monde. Mais passons sur ces détails douloureux.) Bon, j'en étais où, moi ? Ah oui. Marie continua : "Que tout se passe pour moi comme tu l'as dit !!". Et l'ange, sur un dernier rot sonore (plus tard maquillé en coup de trompette dans les récits futurs) la quitta.
Dieu, désespéré, se reservit un peu d'hostie avec du vin, pour se consoler. On fait ce qu'on peut. Oui, bon, là, j'avoue, il s'est montré en-dessous de ses possibilité, mais il a des circonstances atténuantes. C'est pas tous les jours Noël. (NDD* : encore heureux.)
*NDD: note de Dieu (héhé, ça c'est de la référence !)
Marie, pour fêter ça, décida donc de visiter sa vieille copine Elizabeth, qui depuis six mois maintenant enchaînait fiesta sur fiesta, profitant de la gêne momentanée de son cher poux. Euh, époux. En entrant dans la demeure de Zach, (surnom trouvé par sa femme deux mois auparavant pour faire jeune - tentative inéluctablement vouée à l'échec), elle s'écria : "Zézette ! Comment va ton ulcère !!" Entendant ce cri, le petit Jean, par encore Baptiste mais ça viendra, précoce, se prit pour Ronaldo et commença à tirer des pénaltys dans le ventre à sa Maman. Profitant de la confusion générale, l'Esprit Saint, déguisé jusque là en bougie à la citronelle anti-moustique de la fameuse marque .................. (case à louer), se glissa subrepticement dans le sein de Lisbeth. (Non, j'ai dit dans le sein, pas entre les seins, bande d'obsédés.) Zabette, avalant un dernier acide, l'ayant (c'est ce qu'on dit) confondu avec un comprimé de Guronsan, poussa un grand cri (Luc, 1, 42) et se mit à divaguer aussi sec sur les charmes de .......... (case à louer, eh oui, encore, la vie est dure). Heureusement l'Esprit Saint, par la suite, a arrangé le coup, sinon, les Evangélistes auraient été sacrément dans la mouise, forcément, à l'époque, le Guronsan existait même pas, alors. Il traduisit à Marie qui cru, pendant un instant, qu'on lui refaisait le coup de Jeanne d'Arc et de Roswell : « Mon âme exulte le Seigneur, Qui m’a choisie moi – faut bien que ça serve d’avoir un mari prêtre – et qui S’est attaqué à la libération du prolétariat, il renverse les riches pour le bonheur du Kolkhoze, Et enrichit les pauvres ouvriers exploités par les grosses légumes capitalistes (Parfois, le Saint Esprit se laissait emporter par sa prose, comment dire ? Imagée ?) qui non content d’épuiser au travail dans leurs mines ces malheureux dévorent en prime des petits enfant au déjeuner, et les font passer avec du Dubonnet, histoire de rigoler un brin, et violent sauvagement leurs femmes dans les écuries de Vincennes, et Vive la IIIe internationale !!! Lénine, libérateur du genre humain, vient nous délivrer de ce fardeau d’injustice et de décrépitude ! » Elisabeth, à bout de souffle, trépignait sur place. Marie, peu au fait des dernières trouvailles en fait de politique avancée, ne saisit pas toute la teneur du propos, mais elle en déduisit assez justement que le Guronsan dont il a été déjà question précédemment n’en était pas. Du Guronsan, s’entend. Du coup, elle décida de rester un brin, histoire de surveiller un peu cette pauvre Lizbeth, qui non content de s’appeler comme la reine d’Angleterre – ce qui ne la choquait nullement, d’ailleurs – avait visiblement fait des réserves.
Pendant ce temps, Zach s’emmerdait, et Joseph limait.
Et Dieu buvait du calva.
Au bout de trois mois de ce petit jeu, le petit Jean commençait à la trouver mauvaise. L’absorption contrariée et forcée de diverses substances plus ou moins licites lui avait déjà donné une certaine tournure d’esprit qui n’était pas dépourvue d’originalité ; le problème étant que, hein, d’abord, il était pas sur terre pour ramasser des champignons. Il avait une mission, lui. (Et toc.) Du coup Elisabeth, n’ayant d’autre choix, enfanta. Quand les amis du joli couple parental leur demandèrent : « Mais ? Quel sera le nom du petit ? », Elisabeth ne trouva d’autre réponse que : « Jean !! » Comme tout le monde trouvait ça con, c’est vrai quoi Jean tout seul ça fait con, trouvez pas ? et bien que plusieurs aient déjà en tête l’idée facétieuse certes mais tellement ringarde de l’appeler Jeannot Lapin (Du Racel), tout le monde, donc, protesta, trouvant le pire prétexte qui se puisse trouver. « C’est ringard !! » Du coup, on demanda son avis à Zach. (Précisons que Dieu, ému par son futur miracle, assitait à la scène, subtilement déguisé en Bouddha géant en bronze made in Korea pendu la tête à l’envers au plafond.) Celui-ci écrivit sur un bout de serviette en papier quelque chose qui ressemblait à :J%%*$£¤n ! !. A l’instant sa bouche et sa langue furent libérés et il parlait (Luc, 1,64, décidément), et tout le monde recula, effrayé. Il venait en effet d’arroser copieusement l’assistance d’une pluie de filets de bave alors qu’il articulait quelque chose du genre « Mon Fenssier !!! » On chercha vainement à décrypter le message – vraisemblablement codé – tandis que Dieu, qui avait tout compris (on ne se refait pas) tirait une tête d’un mètre de long, ce qui pour un Bouddha en bronze massif est une belle perfomance. Zacharie, qui s’était mis à chercher frénétiquement quelque chose, poussa de nouveau un vague borborygme de triomphe et enfourna dans sa barbe quelque répugnant objet (Dieu avait fermé les yeux.) Alors, d’une voix forte et claire, il cria : « Mon SSSenfier !!! » ce qui ne manqua pas de laisser perplexe l’assistance quand soudain un âme charitable compris et remis le dentier de Zacharie dans le bon sens. Du coup, celui-ci put enfin parler, et il déclara solennelement : « Rien à foutre du nom du gosse, il est même pas de moi, par contre bordel qu’est-ce que j’ai soif !!!! »
Dieu, étonné mais ravi, se demandait si des fois il allait pas condamner toute la terre à un silence forcé de quelques mois, histoire de leur remonter un peu le moral à tous. Quittant son enveloppe de Bouddha, il remonta au Paradis et décida de laisser les choses moisir jusqu’au jour où ça allait barder. Pour passer le temps, il décida d’appeler Satan, qui, rappellons-le, était chargé d’une mission de surveillance rapprochée.
Il était justement en train de préparer son incarnation, avec un peu de retard certes mais pas trop. Il avait hésité, un moment, pour savoir s’il allait s’incarner en Ben Hur – le charisme de personnage lui convenait à merveille – ou en Jules César – cette option étant plus délicate, il aurait fallu le ressusciter. En plus, Cléôpatre aurait même pas été là. Il se décida donc pour Ben Hur : et, tant qu'à faire, il allait piquer le physique de Charlton Heston. "Sacré Charlton, va !". Ce qui, éventuellemnt, pourrait fournir de beaux gags si jamais il rencontrait Marsalla. Mais ceci est un autre film, et je m’égare.
Dieu, donc, prit son phone (ben oui, on s’adapte, faut être in) et composa le numéro (suspense. Eh ben non, je ne vous le donnerais pas. C’est bête, hein ? Et puis de toute façon, il fait au moins 29 379 chiffres, ce numéro, alors… - Et Dieu, comment qu’i fait, me direz-vous ? Et ben, il est pas con, lui, il a une touche mémoire. [Ca vous en bouche un coin, s’pas ?]). La sonnerie d’attente retentit.
« ‘Lo ? Ca boume ? Ca genèse ? (NDA : précisons en effet que Dieu pour maintenir la forme créait sans arrêt des petits mondes assez ridicules peuplées uniquement pour la plupart de Tripotanus, race de dinosaure connue pour son amabilité légendaire).
- Bof, bof. Dis moi, tu as suivi les derniers avènements ? (Et pourquoi pas ?)
- Mouais. Pas mal, le petit Jeannot, ce sera un dur à cuire. De selle (gag récurrent lamentable.)
- Au fait, c’est toi, non, qui a pervertit Elisabeth ? Une de mes plus fervente admiratrice !
- Ok, j’assume, mais je t’ai vu te marrer.
- T’étais là ?
- Oui. Tu te souviens du nain de jardin sauteur ?
- Je me disais aussi. T’arrives quand ?
- Oh, je vais un peu court-circuiter le chemin habituel. Disons que je vais accélerer le cours des choses.
- Pas de détails, s’il te plait.
- Ok. Bon, je te laisse, j’ai un damné sur le grill.
- Amuse-toi bien !! » Dieu laissa tomber le combiner et regarda sa montre (Alpha & Oméga, modèle 1er jour, avec cadran solaire dépliable et parasol intégré, utile pour les premiers jours de création, particulièrement vicieux envers le bronzage.)
Quant à l’enfant, il grandissait et son esprit se fortifiait ; et il fut dans les déserts jusqu’au jour de sa manifestation à Israël (Luc, 1, 80). N’empêche qu’il aurait pu faire un effort, parce que je veux pas dire, mais les déserts, c’est quand même pas folichon.
J’irai même jusqu’à dire que c’est plutôt vide, dans le genre. Bref, son esprit se fortifiait peut-être, mais c’était pas forcément dans le bon sens - enfin, on se comprend - vu sa consommation élevée de champignons locaux, et il passait donc son temps à baver, chercher de l'eau, et déclamer des prophéties aux scorpions, qui s'en foutaient éperdument.
Comme quoi on peut être prophète, défoncé à l’acide depuis sa naissance et être débile, y’a pas contradiction.
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