Partager l'article ! Lonesome Jim: de Steve Buscemi 2005, Etats-Unis Avec Casey Affleck, Liv Tyler, Mary Kay Place Sorti le 16 novembre, durée 1h31 ...
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de Steve Buscemi
2005, Etats-Unis
Avec Casey Affleck, Liv Tyler, Mary Kay Place
Sorti le 16 novembre, durée 1h31
Aspirant écrivain las de sa vie de promeneur de chiens à New York, Jim (Casey Affleck), 27 ans, regagne au bout du rouleau l’Indiana rural où il est né. Il y retrouve les raisons de son départ : mère étouffante, père absent, oncle immature...
Lorsque son frère dépressif est victime d’un "accident" de voiture, Jim prend sa place à l’usine de ses parents et accepte de s’occuper de l’équipe de basket-ball, où jouent ses deux nièces. Sa rencontre avec Anika, infirmière (Liv Tyler) et son jeune fils trouble son marasme...
Sans en avoir l’air, Lonesome Jim est irrésistiblement drôle. Sorte de Woody Allen sous Xanax, Jim traîne, apathique, sa déprime, en constant décalage avec tout ce qui l’entoure. Casey Affleck campe parfaitement ce grand mou (il faut le voir en coach de basket pour le croire), qui passe son temps à faire des ‘hmmmmm’ avant de parler, marche les épaules basses et collectionnait des photos d’écrivains réalistes (et dépressifs) sur le mur de sa chambre d’enfant. Son timbre de voix, peu assuré, convient parfaitement au personnage, et donne à ses répliques une fragilité attachante - même si elles sont pour la plupart dévastatrices, au sens propre du terme.
Car Lonesome Jim n’est pas un film tendre. Personnage central pas vraiment charismatique, famille à se tirer une balle (même les enfants sont pathétiques en sport), environnement accablant - une ville du Middle West, grise, vide, où tous les bars ont le même nom - à un numéro près... Mais Steve Buscemi joue du décalage comme personne, dans sa mise en scène comme dans ses personnages, alternant mélancolie et burlesque, le tout bercé par des slides de guitare et des sanglots d’harmonica. Les dialogues, parfois cruels mais ciselés à la perfection, finissent de transformer le tout en une comédie douce-amère, éclairée par une Liv Tyler irrésistible en infirmière au cœur d’artichaut. Vraiment, à ne rater sous aucun prétexte...
Je profite de la présence de Casey Affleck dans ce film pour vous conseiller la vision d’un film assez particulier de Gus Van Sant : Gerry. Particulier, vous allez voir pourquoi : l’histoire, est celle de deux hommes qui se perdent dans le désert, et tentent de retrouver leur chemin. Rien d’autre, et il n’y a presque pas de dialogues. Mais si jamais vous avez aimé Elephant, du même réalisateur, foncez dessus
En bonus (la semaine était chargée), je conseillerais aussi Lady Vengeance, de Park Chang-wook, le réalisateur de Old Boy, et (avec un peu plus de prudence) Three Times, de Hou Hsiao Hsien, réalisateur de Millenium Mambo. Le premier est un bon thriller, axée sur le thème de la vengeance - la deuxième partie est de ce point de vue exceptionnelle. Le second est un film sur l’amour beau, suspendu - mais long, et il faut aimer la sensibilité du cinéaste.
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