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Dimanche 27 novembre 2005 7 27 /11 /Nov /2005 19:15

(JPG) de Bent Hamer
2005, Allemagne, Norvège, Etats-Unis
Avec Matt Dillon, Lili Taylor, Marisa Tomei
Sorti le 23 novembre, durée 1h38



« Factotum (subs. masculin) : employé subalterne, sans fonction précise, qui assume des charges multiples et variées. » Le factotum, en l’occurrence, c’est Henry (Hank) Chinaski - joué par Matt Dillon - double plus ou moins autobiographique de l’écrivain américain Charles Bukowski. Il dérive de job en petit boulot, avec pour seules préoccupations boire, baiser, aller aux courses. Et écrire, comme une furie, ses mots à lui. « Pas encore prêt pour un roman », il gratte quatre nouvelles par semaine, au crayon, sur des blocs jaunes, qu’il expédie à un éditeur sans vraiment espérer de retour. Les scènes d’écriture, toujours difficiles à rendre au cinéma, sont ici réussies, grâce à une mise en scène et des décors dépouillés qui placent Matt Dillon en pivot de son monde.

(JPG)
Marisa Tomei, Matt Dillon © ID distribution

Ballade éthylique, enchaînement de tranches de vies où Chinaski est le lien. Bent Hammer, le réalisateur, est norvégien, et ça se sent dans l’humour à froid qui imprègne le film. Hank butte contre des valeurs qui ne sont pas les siennes, et les traverse avec l’arrogance de l’homme qui sait son destin. Ivre de bière, de sexe, peu importe. Tout n’est que foutaises à côté des mots. Alors Chinaski vit, en s’en foutant, ses péripéties amoureuses, ses jobs ridicules, ses renvois à répétition, va réclamer haut et fort son salaire pour une journée passée d’abord à nettoyer les narines d’une statue pompeuse et à boire ensuite (la cause du renvoi).

Sa dignité est ailleurs. Matt Dillon, étonnant dans un rôle qui ne semblait absolument pas fait pour lui, arrive à faire sentir ce détachement, cette liberté. Sa voix, travaillée, donne de l’épaisseur aux interventions en voix off, citations de ses écrits qui parsèment le film. Bent Hammer n’a pas cherché à dissocier l’homme de l’œuvre, bien au contraire. L’un et l’autre s’éclairent mutuellement, cernant cette détermination folle qui lui permet sa liberté et son inspiration.



(JPG) Deux conseils de DVD, en relation avec ce film. Le premier, Cadrage, un documentaire sur Bukowski. Le second, Barfly (en zone 1), film dont Charles Bukowski est le scénariste. Ou, si vous préférez lire, eh bien, tant qu’à faire, achetez Factotum, réédité pour l’occasion.

Par Jean-Marie Benoist - Publié dans : Cinéma
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