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Petit guide... Le cinéma, c'est un film par semaine, sorti et qui n'a pas attiré l'attention qu'il mérite ! L'actu, c'est l'actu, un peu de tout dessus... Et des nouvelles, pour le plaisir.

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Lundi 5 décembre 2005 1 05 /12 /Déc /2005 14:39

(JPG) de Tsai Ming-liang
Titre original : Tian Bian Yi Duo Yun - Un nuage au bord du ciel
2004, France, Taïwan
Avec Lee Kang-sheng, Chen Shiang-chyi, Lu Yi-Ching
Sorti le 30 Novembre 2005, durée 1h 55min
Interdit aux moins de 16 ans

La sécheresse sévit sur Taïwan. Comme palliatif, les autorités recommandent la consommation de la pastèque. Shiang-Chyi (Chen Shinag-chyi) et Hsiao-Kang (Lee Kang-sheng) s’étaient rencontrés par hasard, dans un autre film de Tsai Ming-Liang (« Et là-bas, quelle heure est-il ? » en 2001). La jeune femme avait quitté Taipei. A son retour, elle ne parvient pas à retrouver Hsiao-Kang. Pourtant, un peu plus tard et à nouveau par hasard, elle tombe sur lui. Mais le jeune homme ne vend plus de montres : il tourne dans des films pornos.

(JPG)
Chen Shiang-chyi © Pan Européenne Edition

Ca commence par un plan long, fixe, d’un sous-sol peu accueillant, où se croisent deux femmes : Shiang-Chyi, et une infirmière, qui porte dans ses bras une pastèque. Son usage est révélé quelques minutes plus tard, alors que le légume, coupé en deux, trône entre ses cuisses ouvertes, et qu’un jeune homme (Hsiao-Kang) s’en approche lentement et commence à lui donner des coups de langue. Pendant ce temps, Shiang-Chyi, avachie devant la télé, regarde les infos d’un œil absent - infos centrées uniquement sur la pastèque, sa gloire, son utilisation comme déclaration d’amour...

(JPG)
La pastèque est partout ! © Pan Européenne Edition

Tout est dans ce début, en germe. A mi-chemin entre comédie musicale et érotique, La Saveur de la Pastèque est un ovni cinématographique - dans le bon sens du terme. Peu de dialogue : les personnages s’expriment, chacun leur tour, par une chanson, accompagné d’une mise en scène kitsch du meilleur effet. L’humour est en permanence en arrière-plan, dans le jeu des acteurs, dans les situations, pour mieux surgir au-devant de la scène en un geste irrévérencieux. La mise en scène, poétique, presque mélancolique, renforce la personnalité d’un film merveilleusement construit, dans son tempo comme dans ses situations ; tous les rires y passent, du franc au gêné en passant par le fou (mention spéciale à la scène finale, qui les réunit tous). Irrévérencieux, rafraîchissant, émouvant, La Saveur de la Pastèque est un moment de cinéma rare, où l’on plonge dans l’univers un peu branque d’un cinéaste à part.


(JPG) Du même réalisateur, je ne peux vous conseiller qu’un film qui soit sorti en DVD : The Hole. On y retrouve la patte inimitable du cinéaste, ses chansons, ses silences, et cet humour poétique omniprésent qui fait tout son charme...

Par Jean-Marie Benoist - Publié dans : Cinéma
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