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Dimanche 13 novembre 2005 7 13 /11 /2005 14:44

(JPG) de Yoji Yamada
Titre original : Kakushi ken - oni no tsume (La Lame cachée - la Griffe du démon)
2004, Japon
Avec Masatoshi Nagase, Takako Matsu, Hidetaka Yoshioka

1860. Les débuts de la Restauration de l’empereur Meiji. Un samouraï de basse caste, Munezo Katagiri (Masatoshi Nagase), apprend que l’ancienne servante de sa famille, Kie (Takako Matsu) est maltraitée par la famille de son mari. Scandalisé, il vient à son secours et la ramène chez lui. Alors qu’une romance naît entre Katagiri et Kie, les supérieurs du clan auquel appartient le samouraï lui ordonnent de tuer un de ses anciens compagnons, responsable d’un complot.

Avant d’être un film d’action - après tout, il n’y a que deux scènes de combats, magnifiques au demeurant - La Servante et le Samouraï est une peinture du Japon à un moment bien particulier de son histoire. L’ère Meiji marque le début de l’ouverture à l’Occident pour un pays renfermé sur lui-même depuis des siècles. Le choc des cultures a été profond, et les traditions nippones ont été sévèrement mises à mal - par les Japonais eux-mêmes. Le réalisateur prend ces évenements par le petit bout de la lorgnette, situant l’action en province, et adoptant un ton aigre-doux. Le film comporte un certain nombre de scènes, toutes hilarantes, où les samouraïs du clan apprennent à manier les armes à feu occidentales - et à marcher au pas...

(JPG)
Masatoshi Nagase, Takako Matsu © CTV International

Yoji Yamada, tout en conservant le style et les éléments d’intrigues d’un chambara (film de sabre japonais) classique, conte l’histoire d’un amour impossible entre deux personnes séparées par un système de classes étouffant. Les acteurs sont plus que convaincants, remplissant à la perfections des personnages très bien écrits et équilibrés, ce qui donne au film un supplément d’âme bienvenu. Le spectateur adhère d’autant plus au propos que le héros n’en est pas un. Le réalisateur l’avoue lui-même : si Katagiri vivait aujourd’hui, ce serait un salary man. Il avoue un moment n’avoir jamais tué personne et être autant terrifié à l’idée de le faire qu’à l’idée de mourir. On est loin des samouraïs fanatiques que le grand écran nous présente régulièrement. La saveur de La Servante et le Samouraï tient à tous ces petits décalages.

Tout l’art du Yoji Yamada (qui, signalons-le, a 74 ans et près de 77 films derrière lui) consiste à mélanger tout ces éléments et à livrer un film cohérent, au rythme impeccable, qui alterne scènes comiques et scènes plus intimes en gardant l’intérêt du spectateur toujours éveillé. Un vrai moment de bonheur.

(JPG) Pour prolonger l’expérience, et si les sous-titres anglais ne vous font pas peur, Yoji Yamada a réalisé en 2003 un autre chambara, lui aussi un peu atypique et très réussi : The Twilight Samuraï, sorti en DVD en angleterre. Vente en ligne

Par Jean-Marie Benoist - Publié dans : Cinéma
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