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Samedi 29 octobre 2005 6 29 /10 /Oct /2005 14:52

(JPG) Sorti le 26/10/2005
2004, de Bourlem Guerdjou
Avec Aziza Nadir, Sami Bouajila, Simon Abkarian


Sa mère vient de mourir. Pour échapper au puissant Omar, amoureux éconduit qui veut garder la fille en mémoire de la mère, Zaïna suit un père qu’elle vient de rencontrer, peu amène, qui conduit les pur-sang de sa tribu à la grande course équestre de l’Agdal. Durant le long périple au cœur des montagnes de l’Atlas, le père et sa fille vont apprendre à se connaître par l’entremise du cheval.

Avouons-le tout de suite : ce que laisse supposer le titre et le résumé est vrai, il s’agit d’un film doté d’une histoire que certains n’hésiteront pas à qualifier de nunuche. Le couple parent-enfant qui s’ouvre petit à petit l’un à l’autre est un thème cher au cinéma, et a donné lieu tant à de somptueux chefs-d’œuvre qu’à de sombres navets. Non content de mélanger ce thème avec un zeste d’aventure, Zaïna n’est ni l’un, ni l’autre. Mais il fait partie de cette troisième catégorie, elle aussi si rare : les films justes.

(JPG)
Sami Bouajila (à gauche), cavalier d’un Atlas intemporel © Gamma presse

Juste dans le ton, juste dans l’interprétation. Malgré un début un peu maladroit avec en voix off un narrateur (qui se fera discret au point de totalement disparaître vers le tiers du film), Zaïna trouve rapidement son rythme dès l’arrivée dans les montagnes de l’Atlas. Les acteurs servent très bien des dialogues simples, allant à l’essentiel sans pour autant être minimalistes, la communication se faisant surtout par le regard (mention spéciale à Sami Bouajila, qui joue Mustapha, le père). Les chevaux, ici des purs-sang, sont magnifiques et l’objet presque d’un culte : si à l’image ils ne galopent pas, c’est que leurs cavaliers sont soit en train de les bouchonner soit en train de les caresser (ça devient presque un gag récurrent.)
Le réalisateur, Bourlem Guerdjou, voulait réaliser un « western dans l’Atlas ». La mise en scène en découle, simple, qui souligne les yeux et propose souvent des plans larges de paysages, beaux à couper le souffle. Le film a aussi le tempo propre au genre : il prend son temps, sans jamais avoir de véritable longueur. Et surtout, il émeut, sans jamais tomber dans le pathos.

Alors, pour le dépaysement, pour les acteurs, pour l’Atlas, et puisque parce que les histoires nunuches, au fond, on aime bien ça tant que c’est pas indigeste... Zaïna mérite le détour.

Par Jean-Marie Benoist - Publié dans : Cinéma
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