Jeudi 20 octobre 2005
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1998 ? 1999 ?
Une femme, dans la rue – oh, rien de très fascinant, mais il en faut peu – un peu grosse, un peu lourde, mal fagotée, mal habillée, comme un tas de chiffon, dans la cuisine, près d’un placard d’où déborde le linge sale – odeur putride de crasse, de sueur, d’athlète ayant couru dans la poussière, haletant, bête de course aux muscles quasi-félins, prêt à bondir alors même que l’effort a été fait, félin en chasse, en éveil tous ses sens en alerte, famélique, affamé puis le sursaut d’adrénaline la proie qui crie le chasseur qui saute dessus je la prends l’entraîne dans une porte cochère pantelante non résignée elle se débat le fauve plante ses crocs dans son cou lame qui glisse son regard s’éteint alors que le sang sort par à-coups de sa blessure mortelle mais subsiste l’incompréhension la douleur la vie qui défile ses petits sa famille seuls maintenant puis l’abandon de ce qui n’est plus qu’une carcasse aux charognards alors que repus il s’en va déjà en quête de son autre proie mais il est plus lent calmé, ses sens relâchés alors que la mort s’approche par derrière trop tard il perçoit les hurlements sirènes stridentes il court mais il est alourdi par sa volupté si fraîche irrémédiablement rattrapé il se défend sort ses griffes mais il est seul désemparé victime de son autre lui de ce qu’il était écrasé sous la meute immobilisé les menottes et je
Par Jean-Marie Benoist
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Publié dans : Nouvelles
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