Jeudi 20 octobre 2005
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1999
Je marche, seule, dans la rue, laissant mon regard errer et mes pieds me porter où bon leur semble. Les grands immeubles solitaires, froids, me contemplent désapprobateurs et envieux passer à leurs pieds et le poids de leur dédain se veut accablant. Mais je marche toujours .
Inconnus qui me jettent des coups d’œil rapides Inconnus qui se retournent parfois Inconnus qui ne m’abordent pas. Rien ni personne ne semble pouvoir m’arrêter, ni surtout ne veut. Je suis fantôme parmi les ombres, et mon spectre dans les vitrines glacé de temps à autre me regarde Bruits qui me frappent par leur absence – je suis sourde à tout ce qui ne m’est pas, je suis part de cette foule qui toujours passe et ne fais chaque jour rien d’autre – un manège de petits chevaux qui jamais ne s’arrête – Seule la voix de mon voisin de mon compagnon de marche me tient vivante éveil hypnotique – Sa frange lui retombe sur le front sur le côté de son visage et me cache ses yeux mais je les sais mouvants attentifs cueillant çà et là ces petits bouts de non-vie qu’il magnifie et me décrit. Je m’accroche à cette voix à ce lien ténu et fragile vapeur dans l’air s’envole glacée petit nuage de rien m’accroche à mon ange mon guide, pipe au vent, sur le pavé en viande saignante des étals des bouchers assassins. Avec lui mon âme mon être s’anime m’enflamme et ses mots encore ses mots toujours
Je marche seule, dans la rue, et mes regards toujours passent et ne ne fixent rien.
Par Jean-Marie Benoist
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Publié dans : Nouvelles
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