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Mercredi 18 janvier 2006 3 18 /01 /Jan /2006 02:12

(JPG) de Stephen Frears
Titre original : Mrs. Henderson presents
2004, Angleterre
Avec Judi Dench, Bob Hoskins, Kelly Reilly
Sorti le 11 janvier 2006, durée 1h45min


Pour un peu, ce film serait un avertissement envers le plus grand nombre : méfiez-vous des vieilles dames. Surtout quand elles sont excentriques, et qu’elles ont les moyens de leur excentricité... Laura Henderson (Judy Dench) s’ennuie. Les occupations d’une veuve de 69 ans en 1937 - broderie, œuvre de charité - la lassent vite. Puis elle rencontre le Windmill Theater (ndlr : théatre du Moulin à vent), à vendre. Sur un coup de tête (mais est-ce vraiment tant un coup de tête que cela ?), elle l’achète, embauche Vivien Van Damm (Bob Hoskins, excellent), directeur artistique talentueux mais exigeant, pour y présenter du music-hall.


(JPG)
Kelly Reilly et Judy Dench © Pathé Distribution

Les dialogues, savoureux et oh so british, et les acteurs sont un des grands plaisirs que recèle ce film. Judy Dench semble taillée sur mesure pour ce rôle d’une aristocrate charmante et sans gêne. Stephen Frears sait la cadrer comme personne, digne ou vulnérable, composant des plans à la lumière soigneusement étudiée, comme il en a l’habitude. Un éclairage qui met en relief les deux visages de Laura. D’un côté la veuve, qui porte encore dans son cœur le deuil d’un fils mort pendant la Grande Guerre - la der des der, la Première. De l’autre, l’imprévisible, qui, pour sortir le Windmill Theater restauré des filets d’une rude concurrence, va oser dévêtir ses danseuses. Ce qui ne va pas passer tout seul.

Même dans sa forme, une comédie, Mrs Henderson présente... est plus qu’un film sur la censure ou sur les mœurs. C’est un plaidoyer (efficace !) pour la légèreté. Surtout quand les circonstances ne s’y prêtent pas. Le film est inspiré d’une histoire vraie. Quand la Seconde Guerre mondiale a étendu son empreinte sur Londres, à coup de bombes, seul le Windmill Theater est resté ouvert, offrant en continu des spectacles pour les militaires. Offrant un peu de légèreté dans un monde qui en avait désespérément besoin, grâce à la ténacité d’une vieille dame qui a osé et a résisté. C’est la meilleure partie du film, où Stephen Frears trouve et garde un équilibre précaire entre douleur et joie.


(JPG) Le réalisateur britannique compte à son actif un nombre déjà conséquent de films. Parmi eux, j’en ai sélectionné trois qui reflètent bien les multiples facettes de son talent : My Beautiful Laundrette, histoire d’amour homosexuelle sur fond d’Angleterre en plein Thatcher, The Snapper, comédie hilarante que je vous conseille vivement (même si le DVD est zone 1), et Dirty Pretty Things, où un immigrant Nigérian découvre l’autre versant de Londres. Oh, et pour les (j’espère) rares d’entre vous qui ne sont pas allé voir Lord of War, qu’est-ce que vous attendez, exactement ?

Par Jean-Marie Benoist - Publié dans : Cinéma
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Commentaires

A voir aussi pour sa Marseillaise en pleine guerre qui rappelle celle du bar de Casablanca... Tout à fait d'accord sur l'éloge de la légèreté, mais que pouvait-on attendre d'autre de ce fan d'Oscar Wilde, dont le fantôme hante la moindre ligne de ses scripts ? Cette façon de supporter les bombardements sans affolement, de dresser dignement et à poil deux doigts (la version anglaise du doigt d'honneur) pour dire à la fois aux ennemis et à la face du monde : "nous sommes toujours là, souffrant mais fiers, accablés mais pas démoralisés", c'est ce qu'il y a de si dépayasant et de si jouissif avec ce film "oh so british", comme tu dis.

Et toi, qu'est-ce que tu attends pour aller voir Lord of war ?
Commentaire n°1 posté par Alexis le 20/01/2006 à 17h49

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