Partager l'article ! Le réveil d'Oulan Bator: La Mongolie sur la voie d’une "Révolution Orange" Une crise politique secoue la Mongolie depuis le d ...
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Malgré le froid et la glace, ils persistent, viennent se réunir et défiler devant le Parlement. Les Mongols hurlent et chantent leur indignation devant ce qu’ils appellent un coup de force, appellent à la démission du président de la République, Nambaryn Enkhbayar. Le 25 janvier 2006, l’ancien maire d’Oulan Bator et membre du PRPM Mieagombo Enkhbold a été nommé Premier Ministre par le Parlement. Scellant ainsi la victoire du Parti Révolutionnaire du Peuple Mongol. De fait , l’héritier direct du parti communiste qui dirigea le pays entre 1924 et 1990 occupe désormais tous les sièges du pouvoir : le Président Enkhbayar, élu en mai 2005, était le candidat du PRPM.
Tout a commencé mercredi 11 janvier. Dix ministres, parmi les 18 qui compose l’intégralité de la Coalition Démocratique, gouvernement mené par le libéral Elbegdorj, démissionnent. La paralysant de fait. Motifs invoqués : ralentissement de la croissance, hausse de l’inflation, lutte inefficace contre la corruption. Cela a abouti à la destitution du gouvernement, le vendredi 13 janvier, tard dans la nuit, par 39 voix contre 37 (la salle était comble). Le PRPM en détient 38 à lui seul. Précision : tous les ministres démissionaires appartiennent au PRPM. Pendant le week-end, le Premier Ministre Elbegdorj démissionne. Aussitôt, le PRPM annonce sa volonté de reformer un gouvernement d’union nationale, centrée autour d’un Premier Ministre... issu du parti. Et commence les tractations avec des petits partis pour récolter ce siège qui lui manque pour avoir la majorité au Parlement. La nomination de Enkhbold le 25 janvier en est le fruit.
Le lendemain de la démission des dix ministres, des centaines de Mongols prennent d’assaut le bâtiment du PRPM à Oulan Bator. Résultat : des portes et des fenêtres brisées, et quelques squatteurs, qui posent un ultimatum au parti - qui au final ne sera pas respecté. Le vendredi, ils sont encore des centaines, alors qu’il fait -21°C, à défiler devant le Parlement. Les accrochages avec les nombreuses forces de l’ordre ne sont pas rares, ce jour-là. Ils le sont devenus. Régulièrement, les Mongols viennent brandir leurs pancartes devant des policiers en rang d’oignon. Réclament la démission du président de la République Enkhbayar. Réclament même de nouvelles élections. Pourtant ce n’est pas un peuple réputé pour sa pugnacité politique. La démocratie mongole fonctionne, certes, mais l’empreinte de 70 ans de communisme ne s’efface pas si aisément.
| Repères
Superficie : 1 565 500 km² Histoire politique récente de la Mongolie |
Le schéma est familier : c’est à quelques détails près la même situation que celle de l’Ukraine en novembre 2004, à la veille de la Révolution Orange. On sait comment celle-là s’est finie. Les Mongols seraient-ils inspirés par l’exemple de leur anciens camarades ? Certains parlementaires le murmuraient déjà le 13 janvier, lors de la destitution de la coalition. Et l’idée trotte dans la tête de certains chefs de partis, comme l’Union Démocratique Mongole, qui a déjà organisé plusieurs manifestations. Pour l’instant les températures empêchent de prendre la mesure de l’ampleur réelle du mouvement. Mais il y a fort à parier que les quelques centaines de manifestants réguliers ne sont que la pointe de l’iceberg.
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