Partager l'article ! The ballad of Jack & Rose: de Rebecca Miller 2003, Etats-Unis Avec Daniel Day-Lewis, Camilla Belle, Catherine Keener Sorti le 15 février, dur ...
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de Rebecca Miller
2003, Etats-Unis
Avec Daniel Day-Lewis, Camilla Belle, Catherine Keener
Sorti le 15 février, durée 1h52
Une île, au large de la côte Est des Etats-Unis. Elle pourrait presque être déserte, si ce n’est pour la présence de Jack (Daniel Day Lewis, d’une présence rare), et de Rose (Camilla Belle), sa fille. Ils sont les seuls rescapés de la communauté hippie que cet ancien ingénieur en énergies de substitution avait fondé en 1960. Il y a une ville, atteignable en bateau, qui apparaîtra à de rares occasions, collection de maisons préfabriquées, pâles copies de demeures coloniales, comme un symbole de ce que le père a rejeté : mercantilisme, mépris de la nature.
Une ville qui essaie de mettre le pied sur l’île, sous la forme d’un lotissement en construction auquel Jack s’oppose de toutes ses forces, avec la participation complice de sa fille. La mère de Rose est partie quand elle avait cinq ans. Maintenant, elle en a 16, et Jack souffre d’une maladie cardiaque. Il va mourir, le sait, et réalise que sa fille, qui lui confie son intention de mourir en même temps que lui, est comme prisonnière d’une relation trop exclusive.
The ballad of Jack & Rose est une histoire de renoncements et d’adieux. À son père, et à tout ce qui a été sa vie pour Rose ; à la vie, à sa fille, et presque à ses croyances pour Jack. C’est au prix d’une douloureuse hésitation que ce dernier va finir par demander à sa maîtresse (Catherine Keener) de venir vivre avec lui, avec ses deux garçons, adolescents typiques, chacun dans son style : l’un obsédé, l’autre sensible. Cohabitation qui va provoquer un électrochoc dans le couple père-fille.
Rose se fait couper les cheveux, se transformant en Lolita, comme pour se venger de la trahison de Jack, alors que ce dernier se retrouve à supporter une existence qui ne lui plaît pas, et à lutter contre un promoteur immobilier qui s’avèrera n’être qu’un être humain. Un humour discret sous-tend toutes les scènes, par la grâce de personnage très réussis dans leurs contradictions, leurs élans, et d’acteurs qui jouent juste. La réalisation de Rebecca Miller (la fille d’Arthur) cerne les visages, capte les expressions avec talent, mais souffre d’un manque de rythme qui pénalise le récit. Heureusement, une excellente bande originale compense le seul vrai défaut de ce qui est, en fait, une bonne comédie douce-amère sur un sujet peu évident à traiter.
Rebecca Miller avait tourné plusieurs films auparavant, et joué dans un bon nombre d’autres. Parmi ses réalisations, vous pouvez vous intéresser à Personal Velocity : Three Portraits a remporté le Grand Prix du jury lors du Festival de Sundance de 2002. Sinon, il faut bien dire que les écrans étaient chargés cette semaine, entre Le Nouveau Monde et Walk the Line, que je vous conseille tous les deux. Enfin, pour ceux qui sont allés voir Ils ne mourraient pas tous... et que cela a intéressé, penchez-vous sur Sauf le respect que je vous dois, thriller d’entreprise où Olivier Gourmet est époustouflant.
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