the Discblog

(JPG) de Jin-Ho Hur
Titre original : Oechul - Sortir
2005, Corée du Sud
Avec Ye-jin Son, Yong-jun Bae, Sang-Hyo Lim
Sorti le 12 avril, durée : 1h 45


La naissance d’un amour improbable et, en un sens, interdit : le thème d’April Snow n’est pas neuf dans le cinéma. Mais le nouveau film de Jin-Ho Hur, malgré des longueurs, impose sa finesse de traitement et de ton, aidé en cela par des interprètes lumineux. Venant d’apprendre que sa femme a eu un accident de voiture, In-Su (Bae Yong-Joon) se rend sur la côte est de la Corée du Sud. À l’hôpital, il rencontre Seo-Young (Son Ye-Jin), qui se révèle être l’épouse d’un homme qui lui aussi était dans la voiture. Fouillant leurs affaires, ils vont se rendre compte que leurs conjoints respectifs entretenaient une liaison.


(JPG) Bae Yong-jun et Son Ye-jin © Pretty Pictures

Réunis dans le même trou perdu, dans le même hôtel, et surtout reliés par ce sentiment d’avoir été trahis, In-Su et Seo-Young vont progressivement faire connaissance. Au fil de rencontres dans les halls vides et impersonnels de l’hôpital, dans le couloir de l’hôtel, une affection va naître, puis un amour, que va compliquer le réveil de la femme d'In-Su. Sur pareille trame on aurait pu craindre une romance à l’eau de rose comme en produit régulièrement le cinéma coréen. Mais April Snow évite tous les écueils pour évoquer, avec légèreté, la souffrance et le réveil de deux êtres.

Pas de grandes discussions morales : le film se concentre sur les regards, les gestes esquissés, sur des échanges de propos brefs et innocents presque mais qui de fait sont beaucoup plus révélateurs sur les sentiments des deux protagonistes. C’est là où toute la qualité des interprètes joue. Fragiles, et densément humains, ils rendent signifiante la plus anodine des attitudes par leur finesse de jeu. Du coup, malgré son rythme un peu lent (plus sensible dans la deuxième partie du film, après le réveil de la femme), April Snow fascine. Il décrit à la perfection les flux et reflux de la douleur, de la solitude, et la tâtonnante guérison qui les accompagne, cheminement ici entrecroisé avec celui qui mène du sentiment de revanche et de trahison à l’acceptation de la relation des deux amants, les anciens comme les nouveaux. Un petit bijou de délicatesse.

(JPG) Pour ceux qui veulent s’intéresser au renouveau du cinéma romantique coréen, appelé localement hallyu (site officiel coréen sur le sujet, mais en anglais), dirigez-vous vers le film qui a relancé le genre : My Sassy Girl, de Kwak Jae-young. Mais c’est une comédie romantique, pas un film « suspendu », comme April Snow ou Locataires (que j’avais déjà recommandé, mais toute occasion est bonne...)

Mer 19 avr 2006 Aucun commentaire