the Discblog

(JPG) de James McTeigue
Titre original : V for Vendetta
2005, Etats-Unis
Avec Natalie Portman, Hugo Weaving, Stephen Rea
Sorti le 19 avril, durée 2h 10

Drôle de mélange que ce V pour Vendetta, à la fois thriller de science-fiction, histoire d’amour, et brûlot politique. Inspiré d’une bande dessiné anglaise des années 80 (en plein Thatchérisme), on y retrouve évidemment la figure du héros solitaire, qui va se trouver une partenaire. Sauf qu’ici V (Hugo Weaving) n’est pas un superhéros. L’homme qui restera caché derrière son déguisement de Guy Fawkes (Anglais célèbre pour avoir tenté de faire sauter le Parlement, pendu le 5 novembre 1605, et dont l’effigie est brûlée traditionnellement tous les ans à cette date) a certes des réflexes plus rapides que la moyenne, mais il se sert plus de son cerveau que de ses muscles.

Cela fait une grande partie de son charme, indéniable, comme son élocution, entre poésie et efficacité. S’il garde en permanence son masque à l’étrange sourire, ce n’est pas seulement parce que c’est un grand brûlé. C’est aussi parce que l’homme s’est effacé derrière les idées qu’il soutient, idées politiquement proches de l’anarchie dans l’œuvre originale, ici tempérées par les scénaristes, qui ne sont autres que les frères Wachowski. Ces derniers ont évidemment apporté d’autres légères modifications à l’histoire originale, notamment pour rendre certains débats plus actuels, mais que les fans de la BD se rassurent, l’essentiel (et un peu plus) est là.


(JPG) Un look très daté pour V, qui renforce encore son côté isolé et décalé (Natalie Portman et Hugo Weaving) © Warner Bros.

L’Angleterre est devenu un état policé à outrance, dirigé par un ‘Haut Chancelier’ dont l’accession au pouvoir, par les urnes, s’est fait sur les thèmes de la peur et de la sécurité. V est le seul élément à lui résister ouvertement. Mais, d’une certaine façon un produit de ce régime monstrueux, il est lui-même devenu un monstre pour le combattre, poursuivant sa vengeance d’une façon implacable - ce n’est pas un hasard si son film préféré est Le Comte de Monte-Christo.

La présence d’Evey (Natalie Portman), jeune fille qu’il sauve un soir et qui deviendra, par la force des choses (et des arguments), son assistante, va entraîner chez lui cette prise de conscience. Par-dessus tout cela, se greffe l’enquête de l’inspecteur Finch (très bon Stephen Rea), chargé du cas V, qui va en découvrir plus qu’il ne l’escomptait... Servi par une réalisation dynamique, pas forcément inventive mais parfaitement maîtrisée de James McTeigue (assistant des frères W. sur la trilogie Matrix), V pour Vendetta détonne par sa forme et son discours (les Américains, subtils comme ils savent l’être, ont vu dans le film une apologie du terrorisme), attire par son mélange des genres, et convainc grâce à des scènes d’une force indéniable.

(JPG) Je ne saurais trop vous conseiller la lecture du comic à l’origine du film, et qui porte le même titre, V pour Vendetta, d’Alan Moore et David Lloyd. Les dessins sont un peu datés, mais l’intrigue, plus foisonnante et fouillée que celle du film (plus politique aussi), et la narration inventive en font un classique. Par ailleurs, si par extraordinaire vous n’êtes pas allé voir OSS 117 malgré les critiques élogieuses qu’il a reçu, courrez-y, c’est l’un des films français les plus drôle de ces cinq dernières années - surtout si, comme moi, vous avez pendant votre enfance vu un nombre considérable de James Bond première époque...

Lun 24 avr 2006 Aucun commentaire